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Transmettre son exploitation suppose d'anticiper... a minima !

Anticiper est le maître mot de la transmission des exploitations. Vivéa met le focus sur une formation pour se préparer sur le plan administratif et psychologique.

70 % des terres et 70 % du cheptel laitier et allaitant sont aujourd’hui détenus par des exploitants âgés de plus de 52 ans… Et la plupart sont sans successeur ! Les JA de BFC alertent depuis longtemps sur les conséquences probables de ce qui pourrait bie

« Même si nous arrivons à un stade où nous pouvons être lassés des démarches administratives, l’arrêt de notre activité est une grande étape qu’il ne faut pas manquer. On ne peut pas mettre fin à quarante ans d’activité sans prendre le temps d’y réfléchir. La cessation ne se fera pas sans effort, il y a encore de l’énergie à y passer ». C’est avec ces mots que l’un des stagiaires d’une formation Transmission d’entreprise, proposée par CerFrance 71 et financée par Vivéa, expliquait pourquoi il s’était inscrit dans cette démarche.

Anticiper…

Si les participants étaient déjà convaincus avant leur formation de la nécessité de se poser des questions en amont de cette phase, les deux journées de formation leur ont confirmé à quel point anticiper était indispensable.

Anticiper la transmission d’un patrimoine où le professionnel et le personnel sont souvent intimement imbriqués.

Anticiper l’optimisation de la fiscalité au regard des règles, des options possibles et de leurs évolutions rapides.

Anticiper la transmission des baux sans prendre de risques pour le repreneur.

Anticiper la recherche d’un repreneur pour ceux qui n’en ont pas encore, d’autant que le contexte actuel n’améliore pas l’attractivité du métier.

La formation leur a permis de mieux appréhender les complexités administratives et fiscales et de lever certaines inquiétudes sur les étapes à ne pas manquer pour l’avenir de leur exploitation. Mais elle leur a aussi ouvert les yeux sur des aspects plus personnels. Un autre stagiaire de la formation affirmait ainsi : « ma vision de l’arrêt a évolué mais également celle de l’après. Les échanges et le partage permettent d’avoir d’autres idées, de se préparer psychologiquement. Si aujourd’hui je me lève le matin sans me poser de questions sur ce que je vais faire dans ma journée, demain, je dois me préparer à la suite et commencer à réfléchir à ce que je ferai ».

Delphine Cuvillier

Insister sur le côté humain

Depuis début 2017, Vivéa incite les centres de formation à proposer de nouvelles formations sur la transmission des exploitations. Ainsi, Lucrèce Boiteux, élue Vivéa Bourgogne Franche-Comté, rappelle qu’« il est utile pour que les personnes qui souhaitent céder leur exploitation - à la fin de leur activité professionnelle ou pour des raisons économiques ou de santé - puissent le faire avec un maximum de sécurité. Les formations doivent permettre aux futurs cédants de répondre aux nombreuses interrogations qu’ils se posent mais aussi de se rassurer pour qu’ils n’aient pas de regret. Nous avons voulu que les formations prennent en compte le ressenti de la personne qui va changer d’activité, car c’est un bouleversement pour elle. Le cédant doit être bien dans sa tête, car il est la pierre angulaire du dispositif de cessation et doit être le décideur qui transmet son outil de production. Chacun a une histoire et il convient de respecter la personne et ses choix ».

Ce que les stagiaires en disent

« Je demandais cette formation depuis longtemps et je me suis inscrit dès qu’elle a été proposée par la chambre d’agriculture. J’ai beaucoup appris sur le plan financier et fiscal. Suivre à 53 ans cette formation me permet d’anticiper les complexités fiscales d’une transmission pour éviter les mauvaises surprises le moment venu. Se former fait toujours avancer dans la vie, mais il n’est jamais bon de s’y prendre au dernier moment. Je sais maintenant vers qui m’orienter pour préparer ma succession, je connais mieux les différentes formes juridiques pour permettre à mon fils la reprise dans les meilleures conditions. Les échanges avec mes collègues pendant la formation et les repas ont également enrichi, d’un point de vue pratique, les connaissances amenées par les formateurs ».

Éric Dedienne, viticulteur, qui a participé de la formation "Je souhaite préparer la transmission de mon domaine viticole" proposée par la chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire, en décembre 2017

 

« La retraite est un changement important, et c’est un projet à conduire comme une nouvelle culture pour laquelle, il faut connaitre les caractéristiques des plantes, leurs besoins, comment préparer le terrain avant de planter… Cette formation sert à préparer le projet de retraite,  elle apporte des repères et va m’éviter de prendre des décisions très dommageables pour la suite ».

Daniel Jeannin, stagiaire de la  formation "Transmission et retraite : je m’y prépare", de l’Afpasa en mars 2018

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