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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 01/2018

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l’analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie

2017 aura été une nouvelle fois une année très douloureuse pour les éleveurs, dont le revenu continue à figurer parmi les plus bas de la profession agricole. Du côté de la consommation, l’érosion s’est accentuée sous les coups de boutoirs des associations anti-viande, lesquelles, sous le prétexte du bien-être animal, sont venues envahir les médias avec la bienveillance d’une "certaine" élite parisienne, mais pas seulement… Dans ce contexte de chute de consommation, on observe cependant une très bonne résistance des viandes hachées fraîches, alors que les barquettes étoilées se vendent de moins en moins dans les linéaires des grandes surfaces. Faut-il y voir la responsabilité du consommateur (trop sensible aux images chocs) ou celle du positionnement de la viande milieu de gamme dans le changement des habitudes alimentaires ?

Faute de rentabilité et de vision de l’avenir, de nombreux éleveurs ont décroché avec des conséquences dramatiques quand il faut rembourser les emprunts, trop souvent garantis avec les biens privés. D’autres "tendent le dos" faute de pouvoir arrêter ou par amour du métier, mais avec des situations économiques parfois désastreuses. Dans ce climat morose, un certain nombre d’éleveurs font preuve d’une grande maîtrise des facteurs économiques qui influent sur leur exploitation. Ils sont souvent à la pointe de l’innovation et dégagent du revenu.

Au niveau des ventes, après une bonne tenue des ventes de viande bovine pour Noël, l’activité commerciale de cette première semaine de l’année 2018 est réduite, avec des marchés décalés (conséquence du férié du Jour de l’An). Le mois de janvier sera très long avec trois semaines de soldes (sur cinq au total), lesquelles soldes vont venir impacter le budget de nombre de ménages.

L’activité de la semaine a été consacrée au réapprovisionnement des cantines scolaires. Les entreprises ne présentent pas de grands besoins. L’activité commerciale est demeurée calme avec des tarifs sans changement pour les bonnes femelles de qualité bouchère. Les quelques besoins de réapprovisionnement des bonnes boucheries après les ventes de fin d’année seront rapidement couverts. Les transactions restent très calmes dans le domaine des charolaises et des vaches allaitantes de choix secondaire malgré une offre mesurée pour cette rentrée. Ces catégories d’animaux vont souffrir d’un manque de mise en avant dans les linéaires, au profit des viandes porcines. En réformes laitières, l’offre reste globalement de mauvaise qualité (beaucoup de vaches de type "P2"). La tendance est cependant à la stabilisation des prix dans les réformes laitières, du fait d’un équilibre offre/demande. En jeunes bovins, l’activité commerciale est plus lourde face au repli du prix des arrières sur l’Italie. Les abatteurs en profitent pour peser sur les cours.

 

Bovins d’embouche et d’élevage

L’extension du zonage réglementé FCO sérotype 4 à l’ensemble du territoire va permettre une remontée des animaux vers les régions d’engraissement après le blocage de ces dernières semaines. Les volumes sont peu abondants pour ce début d’année et ne font pas apparaître, pour l’heure, de grands changements compte tenu du prix de la viande. Mais les éleveurs ont meilleur moral dans nos régions.

 

Broutards

En appliquant une extension du zonage réglementé FCO sérotype 4 à toute la France, les instances sanitaires bousculent sérieusement les opérateurs (lire à ce sujet notre article en page 6 de cette même édition). Si cette mesure va permettre de fluidifier les échanges sur le territoire national, ils mettent sur un pied d’égalité l’ensemble des naisseurs français, ce qui ne plait pas à tout le monde, sauf chez nous qui étions déjà en zone réglementée… Les flux commerciaux à destination de nos partenaires européens et des pays tiers doivent se repositionner. Pas ou peu de changements vers l’Italie ou l’Espagne qui représentent 80 % de nos exportations de broutards. Des négociations bilatérales sont en cours avec l’Algérie pour permettre de poursuivre les échanges. Les mouvements vers l’Allemagne et les Pays-Bas sont suspendus pour le moment.

Reste que la période n’est pas propice aux échanges et très peu de flux ont été observés cette semaine avec une activité qui reprend doucement vers l’Italie. Un certain nombre de circuits commerciaux ne sont pas réactivés, notamment vers l’Espagne du fait des fériés liés à l’Épiphanie. Les niveaux tarifaires observés sur les faibles volumes échangés ne permettent pas de tirer d’orientation précise du commerce.

 

Veaux d’élevage et d’engraissement

Les volumes proposés couvrent aisément les besoins des intégrateurs lesquels entament les mises en place en vue des sorties d’été. La qualité de l’offre souffre des mauvaises conditions météo. Le tri est sévère dans les lots et les veaux plus légers sont malmenés. Les tarifs sont stables dans les bons veaux holsteins, abondances ou croisés convenables qui entrent dans les contingents des intégrateurs. Les gros veaux montbéliards restent demandés pour l’Espagne avec des tarifs stables. Les tarifs plafonnent dans les bons veaux croisés de type "U", avec une offre plus fournie après les fêtes. La vente est très calme dans les sujets plus communs ou dans les femelles.

 

Ovins

Les magasins ont des besoins de réapprovisionnement après les fêtes, mais ces derniers demeurent mesurés, car les promotions de viande de porc vont prendre beaucoup de place dans le panier des ménagères. Et ce d’autant plus que les soldes débutent dans les jours à venir… Les agneaux laitons se maintiennent. Le commerce est calme dans les agneaux gris et de moyenne conformation. En brebis, les disponibilités sont mesurées avec quelques rétentions jusqu’à la fin janvier du fait de la période de télé-déclaration des demandes d’aides (lire en page 5 de cette même édition). Cette modestie de l’offre permet de tenir les prix dans les bons sujets lourds.

 

Porcs

Les traditionnelles promotions de début d’année dans la grande distribution confirment le choix de faire de la viande de porc le principal produit d’appel pour faire revenir les Français dans les rayons. Le commerce est néanmoins perturbé par le férié du Jour de l’An avec un prix qui reste baissier, en repli de 0,2 cent à 1,140 € du kilogramme sur le Marché du porc breton.

À noter que si Moulins-Engilbert était à nouveau fermé lors de cette première semaine de janvier (du 1er au 7 janvier 2018), Bourg-en-Bresse a été décalé au mercredi 3 janvier, jour traditionnel du marché de Saint-Christophe-en-Brionnais.

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