Divers Economie

La diversification passe par le canard

Dans le cadre de l’installation de Jérémy au sein de l'exploitation familiale où il a rejoint son père Eric, le GAEC Litaudon dispose désormais d’une production de canard, parfaitement complémentaire du bovin allaitant et du porc à l’engraissement.

Jérémy Litaudon a pris le temps de réfléchir en détail à son installation.

Entre le début de la réflexion et l’arrivée des premiers canards, il aura fallu deux années. Vingt-quatre longs mois qui ont permis à Eric et Jérémy Litaudon de parfaitement ficeler le projet de diversification.

Revenu garanti

Titulaire d’un BTS ACSE obtenu du côté de Fontaines, Jérémy Litaudon a été séduit par la production de canard en prévision de son installation au mois d’août 2017. « L'idée était d’avoir une activité complémentaire dans une production qui me plaise. La réflexion a commencé il y a deux ans. On peut regretter la longueur des délais administratifs. Nous avons l’avantage d’avoir l’abattoir à proximité. Il y a aussi des lots assez longs en canard. Enfin, le temps de travail et la rémunération m’ont aussi incité à aller vers cette production. » Lié contractuellement à Palmid’Or, le GAEC est assuré de toucher au minimum 24.000 € par an avant impôt et MSA.

Alors que le permis de construire a été obtenu au mois de septembre 2017, le début du terrassement a eu lieu au mois de janvier 2018 et l’arrivée des premiers canards est programmée pour octobre 2018. Se fournissant auprès de deux acouvoirs, le GAEC reçoit en soirée des canetons nés le matin même. Côté temps de travail, les contraintes sont plus importantes au démarrage à raison de 3h au quotidien. Ensuite, on arrive à une durée d’environ 1h30 par jour. Soit, en moyenne, 2h à 2h30 de travail quotidien. Alors que les canards sont élevés sur litière de sciure (refaite quotidiennement), les animaux jusqu’à six semaines sont élevés dans le bâtiment avant de profiter, ensuite, du jardin d’hiver. Lequel jardin d’hiver permet d’apporter un réel bien-être à l'animal, tout comme la lumière naturelle d'ailleurs, propice au développement du canard de barbarie. Dans cette canardière de 1.500 m² composée de 1.250 m² pour la zone de démarrage et de 250 m² pour le jardin d'hiver, ce canard de chair bénéficie d’un système d’abreuvement qui facilite le trempage de la tête et du cou et d’un système de brumisation permettant de refroidir le bâtiment.

Un investissement de 491.000 €

Le GAEC Litaudon a investi un total de 491.000 €, les aides et subventions avoisinant les 100.000 €. La seule aide filière correspond à 45 € par m². Afin de financer cet investissement, le GAEC a souscrit un emprunt sur quinze ans, correspondant à la durée de l’amortissement du bâtiment et au contrat qui le lie à Palmid’Or. Quant aux 491.000 €, ils se répartissent de la manière suivante : 200.000 € pour le bâtiment, 120.000 € pour l’aménagement intérieur, 75.000 € pour la maçonnerie, 48.000 € pour le terrassement, 25.000 € pour la machine à sciure, 18.000 € pour le hangar de stockage de la sciure et 5,000 € pour le permis de construire et le plan d’épandage. Côté partenaires et fournisseurs, on trouve pêle-mêle Buchaille pour l’aménagement intérieur (alimentation, abreuvoir, éclairage, chauffage, ventilation, régulation...), Buchet pour la distribution de sciure, Dugué pour la coque du bâtiment, Palmid’Or pour l’abattage, Vitogaz pour l’énergie, la CPASL pour le suivi technique et le Crédit Agricole pour l’emprunt.

Le GAEC Litaudon en quelques chiffres

Au total, la surface est de 1.500 m².

Le GAEC Litaudon dispose de 160 hectares répartis entre prairie (135 hectares) et céréales auto-consommées (25 hectares). En complément des 80 vaches charolaises et des 450 places de porcs à l’engraissement, l’exploitation devrait élever quelque 15,000 canards chaque année. Ce qui représente quatre bandes par an avec un vide sanitaire de deux semaines. Les femelles partent à neuf semaines et les mâles à 11 semaines. Les femelles seront vendues en pièce entière et les mâles en découpe.

L'ambitieuse CPASL

Etroitement associée au projet, la CPASL (Coopérative de Production Avicole de Saône et Loire), forte de 52 adhérents et 4 salariés, dispose de 44.680 m² de bâtiments, produisant 1.5 millions de canards de barbarie, 641.000 poulets et 216.000 pintades. Le président Patrice Labrosse a rappelé, lors de la visite du bâtiment à Beaubery, la démarche suivie au sein du GAEC Litaudon. Un bâtiment nouvelle génération « dont le but est de répondre à une demande sociétale, avec, notamment, une densité d’animaux plus faible au m². »

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