Environnement Porcin Elevage

Peste porcine africaine : abattage préventif en Belgique pour s’assurer qu’aucun élevage ne soit touché

La Belgique a décidé de vider la zone de restriction où ont été découverts des sangliers affectés par la peste porcine africaine de tous ses porcs d’élevage afin de s’assurer que la filière reste saine. Une mesure, soutenue par la Commission européenne, qui doit à la fois rassurer les pays tiers importateurs de viande porcine et les voisins français, allemand et luxembourgeois qui veulent éviter une dissémination du virus sur leur territoire.

La Belgique va lancer l’abattage préventif de 4.000 porcs dans les élevages situés dans la zone de restrictions de 63.000 ha mise en place suite à la découverte de sangliers affectés par le virus de la peste porcine africaine (PPA). 18 cas étaient confirmés en date du 27 septembre. Tous situés au centre de la zone de restriction. « Je préfère prendre une telle mesure maintenant pour éviter que la filière porc soit touchée », a précisé le ministre fédéral de l’agriculture, Denis Ducarme le 24 septembre en marge du Conseil informel des Vingt-huit en Autriche. Une décision saluée par la Commission européenne. Les éleveurs belges seront indemnisés au prix du marché et la mesure sera financée à hauteur de 50 % par la Commission de Bruxelles avec qui les autorités belges sont en train de finaliser les détails du dispositif.

Menace pour le commerce européen

« L’information est bien passée partout que la filière porc aujourd’hui en Belgique (6 millions de porcs) est saine », a affirmé Denis Ducarme. Qui espère qu’aucun nouveau pays tiers n’interrompra ses achats de porc belge. Concernant ceux qui ont décrété un embargo, comme la Chine ou le Japon, « ce n’est pas une surprise, a-t-il commenté. Vous avez des accords commerciaux qui, avec un certain nombre de pays, prévoient une rupture commerciale si le pays (exportateur) est atteint par la peste porcine africaine, sans faire de distinction entre la filière porc et la faune ». Le ministre fédéral belge a pu échanger, lors du Conseil informel des Vingt-huit, avec les ministres des pays voisins que sont la France, le Luxembourg et l’Allemagne qui craignent que la maladie ne se déclare chez eux aussi. Denis Ducarme a également rencontré son homologue tchèque dont le pays est parvenu à éradiquer la maladie après la découverte de sangliers affectés.

Le commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan a souligné, le 25 septembre, que cette maladie « est non seulement une menace pour les revenus de nos agriculteurs mais aussi une menace pour le commerce de la viande de porc de l’Europe ». Et il a rappelé qu’il existe « un certain nombre d’outils disponibles pour aider à lutter contre la propagation et à faire face aux conséquences de la maladie : financement dans le cadre des programmes de développement rural, possibilité de recourir aux aides d’État et mesures exceptionnelles prévues par le règlement OCM ».

L’origine du foyer belge reste inconnue. Mais le facteur humain est privilégié. Les analyses des autorités sanitaires belges ont montré que le virus isolé en Ardennes est du génotype II, qui circule actuellement en Europe de l’Est.

Porc : en Chine, la PPA n’est « probablement pas contenue »

Selon une récente note de la banque néerlandaise Rabobank, la peste porcine africaine (PPA) n’est « probablement pas contenue » en Chine, et « de nouveaux cas devraient apparaître ». Sur son site internet, l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) recense 16 foyers de PPA en Chine, situés dans 7 provinces différentes. Cela pourrait avoir des conséquences significatives sur la production chinoise : en se basant sur l’épidémie d’une autre maladie, le SRRP, en Chine en 2007, la banque prévoit une baisse de l’offre comprise entre 2 et 3 millions de tonnes dans les prochains mois, sachant que la consommation chinoise annuelle de porc est de 55 millions de tonnes environ. Les restrictions de transport seraient déjà responsables de hausses de prix de 40 % dans certaines zones urbaines, ou dans les régions du Sud et de l’Ouest, rapporte Rabobank.

La PPA a également évolué en Europe. Depuis l’apparition de la maladie en Belgique, la Rabobank estime que « le niveau de hausse potentielle de la demande et le risque de contamination n’ont peut-être jamais été aussi élevés ». Les analystes néerlandais explorent le scénario d’une contamination de la France ou de l’Allemagne, qui affecterait significativement l’approvisionnement de la Chine. Cela place les pays d’Amérique, aujourd’hui indemnes, dans une position potentiellement très avantageuse. Pour autant, le risque d’être à leur tour contaminé n’a jamais été aussi élevé, souligne Rabobank.

Globalement, les analystes estiment que les pays dépendant des importations vont essayer de construire des stocks dans les semaines à venir. Et que les pays contaminés mettront des mois à contenir la maladie et rassurer leurs clients. Ils prévoient par ailleurs que les consommateurs chinois se détourneront en partie de la viande de porc, pour se reporter vers le poulet, les poissons à chair blanche ou le bœuf. Dans le secteur agricole, cette crise porcine pourrait donc peut-être surtout profiter aux éleveurs de poulets et de bovins.

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