Elevage Volailles Economie

Poursuivre la marche en avant

A l’image des années précédentes, le Syndicat des Volailles fermières de Bourgogne poursuit sa marche en avant et son développement, tant en terme d’évolution de son parc de bâtiments que du nombre de volailles mises en place. Avec, toutefois, de réels soucis au moment de toucher les subventions de la Région...

Bruno Combe, aux côtés de René Palomares (à droite), a annoncé un net rebond des ventes en 2017.

Le Syndicat des Volailles fermières de Bourgogne tenait son assemble générale à Dracy-le-Fort le 1er juin. L’occasion de faire le point sur l’exercice écoulé indéniablement marqué par la crise sanitaire de l'Influenza aviaire. « Nous avons dû nous engager à former à la biosécurité les éleveurs des deux syndicats, Volailles fermières de Bourgogne et Volailles fermières du Charolais, par petits groupes de quinze personnes minimum et ce, avant fin juin 2017 », rappelait René Palomares, président. Six sessions ont d'ores et déjà eu lieu le 18 novembre, le 31 mars et le 16 mai à Charolles, le 13 janvier et le 14 avril à Chalon-sur-Saône, le 28 février à Pouilly-en-Auxois. Une dernière est prévue à Charolles ce vendredi 9 juin. A l’issue de ces sept sessions, cent-onze éleveurs devraient avoir ainsi être formés. « C’était un gros challenge… Mais nous n’en avons pas terminé pour autant. A partir de juin, nous devrons mettre en place une autre étape de ces nouvelles mesures : l’autocontrôle du plan de biosécurité. Cela consistera à effectuer, une fois par an et par bâtiment, huit boîtes de contact pour la recherche de streptocoques fécaux. Les prélèvements devront être réalisés dans les 24 à 48 heures après désinfection et acheminés sans délai au laboratoire. Cette nouvelle contrainte obligera les techniciens à des visites supplémentaires et à une organisation rigoureuse et sans doute très contraignante en lien avec les éleveurs ».

Dans l’attente des aides régionales

Pour ce qui est de l’évolution du parc de bâtiments, « la construction de nouveaux poulaillers a été notre priorité en 2016 et début 2017 pour pouvoir répondre à la demande croissante de planning de nos abattoirs », soulignait René Palomares. Ainsi, 32 bâtiments neufs sont entrés au planning depuis juillet 2015. Sur la même période, 7 bâtiments se sont arrêtés. En outre, 29 bâtiments devraient encore rentrer d’ici à mi-2018 alors que deux bâtiments s’arrêteront fin 2017. « Nous avons encore de nombreux candidats, mais nos abattoirs - du fait d'une conjoncture parfois difficile - préfèrent avancer prudemment et nous ne pouvons que leur donner raison ». En revanche, il ne faut pas oublier que le parc de bâtiments est vieillissant puisque sur les 227 bâtiments du Syndicat, 66 (soit 29 % du parc) sont exploités par des éleveurs situés dans la tranche 54-63 ans. On notera aussi que 50 % des éleveurs ont plus de 50 ans avec un âge moyen de 47 ans, alors que seulement 21 éleveurs ayant moins de 30 ans.

« Sachant qu’il faut compter une inertie de deux années pour une construction, nous devons donc veiller à maintenir en permanence un plan à cinq ans avec une base de renouvellement de six à sept bâtiments par an ». Rappelons qu’à l’heure actuelle, l’aide filière est de 10.000 € par bâtiment, soit 5.000 € à la création et 1.000 € par an pendant cinq ans. Néanmoins, le président poussait un vrai coup de gueule alors que « depuis 2015, les aides du Conseil régional n’ont toujours pas été versées aux éleveurs ! On nous parle de "bug" informatique... Faut pas pousser d’autant plus que cela oblige les éleveurs à faire des emprunts à court terme à hauteur de 3 %. C’est intenable ! Il faut que nos organisations se mobilisent de toute urgence sur le sujet » (lire à ce sujet en page 3 de cette même édition). Par ailleurs, René Palomares se félicitait de la qualité du travail réalisé, notamment au niveau des pintades avec, à la clef, un réel changement dans la manière de travailler.

Hausse des mises en place

Côté chiffres, on constate que les mises en place de 2016 ont de nouveau été supérieures à celles de l’année précédente de +3,3 %. Soit 2.400.533 volailles en 2016 contre 2.323.824 volailles en 2015 et 2.248.868 en 2014. L'augmentation est constante depuis 2009. Sur les premiers mois de 2017, les mises en place ont fortement progressé. Cela correspond, pour les cinq premiers mois de l’année, à une hausse de +9,1 %. Le poulet Prince continuent à satisfaire pleinement abattoir et consommateurs. « Néanmoins,, il s’agit d’un produit haut de gamme et le prix de vente consommateur reste élevé. Les mises en place n’ont de ce fait pas progressé en ce début d’année 2017 ». Les animations en magasins demeurent essentielles. Au nombre de 159 pour un total de 278 jours, elles ont donné entière satisfaction aux enseignes visitées. Reste à mobiliser davantage d’éleveurs...

Pour 2017, le Syndicat a un certain nombre d’objectifs, dont celui d'équiper un maximum d’élevages en pesons électroniques. Pour ce faire, le groupement a décidé d’accorder une aide de 500 € par peson avec un maximum de deux pesons par éleveur si celui-ci exploite au minimum quatre bâtiments Label. Le Syndicat entend aussi travailler sur un nouveau programme informatique de gestion des bandes mieux adapté aux exigences actuelles ou encore poursuivre le relooking de la gamme d’étiquettes débuté en 2016. Enfin, René Palomares insistait sur la nécessité de continuer, par le biais des animations en magasins, à faire connaître les produits Label rouge de Bourgogne aux consommateurs.

Le rebond de 2017

Directeur commercial du Pôle Sud de LDC, Bruno Combe a évoqué le marché national de la volaille, en légère régression après plusieurs années de progression. On note que le poulet fermier se vend très bien en promotion. « Si l’on arrête la promotion, on perd des volumes. Mais la promotion peut être un jeu dangereux. Les consommateurs veulent de plus en plus du poulet découpé, surtout la semaine. » Le marché dinde a été très compliqué et la clientèle de la pintade est vieillissante. La GMS demeure, pour LDC, un débouché important avec 28 % de ses ventes. Stable en 2016, ce débouché affiche + 19 % pour les quatre premiers mois de 2017. LDC mise sur un développement du label dans les enseignes et de nouveaux produits tels que le sauté de poulet label rouge ou la brochette de poulet label rouge. Avec, également, une refonte de ses étiquettes.

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