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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 18/2018

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l’analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie

Encore un coup dur pour la filière viande française. Après les négociations avec le Canada et le Mercosur qui laissent une large part aux importations de viande (de pièces nobles) vers l’Union européenne, c’était au tour du Mexique d’obtenir son quota d’exportation à droit de douane réduit (7,5 % pour 20.000 tonnes…). Sur un marché mondial où tous les acteurs cherchent à trouver leurs places pour exporter, la viande bovine semble de plus en plus servir de monnaie d’échange au détriment d’autres productions agricoles, voire de produits industriels (voitures, avions, centrales nucléaires, TGV…). Force est de constater que la consommation mondiale se tourne de plus en plus vers des produits transformés, ce qui laisse disponible sur le marché un grand nombre de pièces nobles, comme la bavette d’aloyau, qui finit très souvent au hachoir sur le continent américain et recherche des marchés rémunérateurs. Ces pièces sont en effet plébiscitées par une partie des consommateurs européens, notamment français, ce qui leur confère une bonne valeur marchande… Si l’ouverture des frontières est nécessaire pour fluidifier nos échanges vers la Chine ou vers la Turquie, il est fort dommageable que la viande bovine soit en première ligne dans les négociations quand il s’agit d’importation. Les normes imposées aux viandes françaises sont un atout sur le marché mondial, mais ces dernières ne semblent pas préoccuper ceux qui signent les accords d’importation ! On marche sur la tête.

Sur les marchés, cette semaine écourtée du 1er mai n’a pas apporté de grands enseignements, avec très peu de mouvements tarifaires en ce qui concerne les animaux de race à viande. Les abattoirs sont suffisamment approvisionnés, notamment en femelles de qualité bouchère. Les tarifs se maintiennent, mais les stocks sur pied tendent à progresser dans les campagnes. Dans les charolaises, le commerce reste très calme, mais sans évolution tarifaire pour les bonnes vaches viandées. L’écoulement se montre assez régulier dans les allaitantes d’entrée de gamme, mais pour des tarifs également sans changement. Dans les réformes laitières, avec les travaux saisonniers qui accaparent les éleveurs et une tendance qui se détend, les disponibilités sont juste suffisantes pour couvrir la demande. Le changement de rapport de force donne un peu plus de place à la négociation. Le commerce reste fluide avec des tarifs facilement reconduits dans les vaches frisonnes, abondances et montbéliardes. En jeunes bovins, la tendance reste baissière sur la France et en Allemagne face à la faiblesse de la demande italienne. Et c’est l’Espagne qui tient le haut du marché dans les expéditions sur le pourtour méditerranéen à quelques semaines du Ramadan (lequel aura lieu du 16 mai au 14 juin prochains).

 

Bovins d’embouche et d’élevage

L’abondance de nourriture dans les herbages active la demande, mais les engraisseurs et herbagers demeurent cependant très dubitatifs sur une évolution positive des prix sur le marché de la viande, ce qui limite sérieusement toute évolution du prix du maigre.

 

Broutards

Le flux commercial de ces dernières semaines dans les mâles de 350 à 450 kg est resté très soutenu avec des exportateurs qui ont anticipé la baisse d’activité pour ce début mai avec des fériés qui perturbent sérieusement les échanges. La belle marchandise pesant de 350 à 450 kg vaccinée FCO 4/8 convenant aux pays tiers, l’Italie, l’Allemagne ou l’Espagne se tient avec des tarifs qui restent convenables. Les transactions sont en revanche plus sélectives dans les broutards de second choix avec plus d’offres, une grande hétérogénéité dans les lots pour des besoins amoindris sur la France (travaux de printemps). Dans les femelles, le commerce est régulier avec des tarifs attractifs pour les éleveurs pour les bonnes femelles charolaises ou limousines de 300 à 350 kg vaccinées. Le placement est en revanche plus difficile sur les marchés où la qualité correspond aux débouchés sur l’Espagne avec des tarifs peu soutenus.

 

Veaux d’élevage et d’engraissement

Le climat commercial est fortement perturbé par le décalage de certains marchés. L’activité Export se fait en début de semaine, ce qui pénalise les marchés qui se sont déroulés ce mercredi. Le commerce est resté fluide ce lundi mais, faute de concurrence, les tarifs se sont érodés sur Bourg-en-Bresse. Les cours restent à des niveaux très confortables pour les veaux holsteins, abondances ou montbéliards. L’activité ne montre pas le même dynamisme dans les croisés jaunes ou blanc bleus ou taupes avec souvent un manque de conformation par le choix du taureau. Les écarts de valorisation sont conséquents entre les très bons veaux viandés (type "U" de conformation) et la marchandise plus commune de type "R" et "O", laquelle est majoritaire sur le marché.

 

Ovins

Le repli de l’offre facilite les échanges, avec une consommation qui devrait bénéficier des grands ponts de mai. La marchandise de qualité tire son épingle du jeu avec des tarifs mieux défendus contrairement aux agneaux de second choix où les discussions sont plus âpres. En brebis, l’offre reste juste suffisante pour la demande dans les bonnes de plus de 60 kg avec des tarifs facilement reconduits.

 

Porcs

L’activité est perturbée par le premier férié d’une longue série pour le mois de mai… En particulier la semaine prochaine qui pourrait bien être une semaine morte… La demande de produit à griller est amoindrie par une météo toujours peu favorable, mais les flux à l’export se tiennent un peu mieux, ce qui a permis une stabilisation des prix au niveau européen. Le cours sur le Marché du porc breton se redresse légèrement à 1,185 € du kilogramme (+0,004 €).

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