Viticulture

Le Gaec des Murgers à Saint-Désert industrialise son bâtiment pour davantage de bien-être au travail

Un chai est avant tout un outil et un lieu de travail. Pour être à l’aise et travailler dans de bonnes conditions, les frères Davanture du Gaec des Murgers à Saint-Désert ont fait le choix d’un bâtiment de type industriel qui leur offre un espace impressionnant. De quoi voir venir aussi.

Joliment aménagée, l'allée qui conduit au chai du Gaec des Murgers à Saint-Désert débouche sur la route et fait oublier le côté "industriel" du bâtiment. En rentrant dans le bâtiment de 672 m2, c’est un indéniable sentiment d’espace qui surprend pour un cuvage bourguignon. Avec même de l’écho ! Les trois frères associés au sein du Gaec voulaient « de la hauteur et des volumes modulables ». Ils les ont. 165 m2 sous auvent pour la réception de vendange, 418 m2 de cuverie pour les rouges et 77 m2 pour les blancs. Il y a quelques mois encore, les exploitants devaient alors jongler entre deux sites et un « petit bâtiment ». Aujourd’hui, sur un même lieu, la capacité de vinification est de 1.400 hectolitres (hl) même si, pour l’heure, la production approche les 1.200 hl.

Ce choix de s'installer sur une grande surface d’un seul tenant a aussi permis de « faire des économies d’échelle » en ce qui concerne la construction. La charpente métalique est de type industriel avec des bardages panneaux sandwichs en double et quadripan (120 et 140 mm), ce qui suffit pour maintenir les températures sans climatisation. La cuverie des blancs est cependant climatisée. Un débord de toit est à l’étude pour éviter le « plein soleil », surtout en été, et ainsi empêcher que la température ne monte néanmoins de trop à l’intérieur. Quant aux abords spacieux aménagés à l'extérieur, ils servent également à disperser les effluents vitivinicoles.

Ergonomique

« Nous voulions disposer d'une grande aire de réception pour recevoir les vendanges des rouges et des blancs en même temps ». Un petit bémol toutefois : sous le auvent, de nombreux oiseaux viennent se nicher. Aussi, les frères Davanture réfléchissent-ils à poser des filets, voire même à fermer complétement l’espace. Avec une porte d’entrée et de sortie, les tracteurs et autres engins ont un sens de circulation, ce qui évite de pénibles manœuvres ainsi que les croisements lors des vendanges. La réception des raisins se fait en petits bacs directement dans les cuves, par chariots élévateurs. Au dessus des cuves à rouges, un rail avec une ligne de vie permet d’harnacher les salariés lors des pigeages. « Réglementairement, il faudrait une passerelle avec une rambarde d’1,10 mètre de hauteur minimum. Ce qui est une non-solution car cela ne permet pas d’aller piger loin, ni d’avoir suffisamment de force pour le faire », explique Jean-François Mazille. En face des cuves en béton se trouve une rangée de fûts. Dans la cuverie des blancs, « si on décide de remonter un étage de cuves, on peut passer rapidement à 1.600 hl de capacité », note Eric Davanture, qui bénéficie d’une hauteur de 5 mètres (sous sablière).

Ne pas lésiner sur…

Au sol, le béton finition "quartz gris" possède une « bonne pente » (2 %), ce qui permet de bien évacuer les eaux. Quelques dalles se sont toutefois fendues, suite à des mouvements de sol. Si cela est somme toute normal, « cela constitue néanmoins des nids » à détritus malheureusement. Pour ne pas « courir après » l’eau et l’électricité, de nombreux branchements (6 blocs) ont été installés pour être « en direct » (tuyaux de 12 mètres maxi) au plus près de la zone de travail. Une seule arrivée d’eau délivre de l’eau chaude contre le tartre. L’absence d’un chauffe eau à production instantanée fait quelque peu défaut, reconnaissent les vignerons. Côté électricité, « nous avons changé toutes les prises car, avec des salariés, nous devons respecter certaines contraintes réglementaires ». Les prises sont donc protégées des éventuelles éclaboussures et un bouton d’arrêt d’urgence se trouve sur chaque boitier électrique. « Il ne faut pas hésiter », insiste Eric Davanture, car, finalement, ce qui est agréable avec un bâtiment aux normes et de type industriel, c'est d’avoir un outil de travail ergonomique et pratique, permettant aux salariés comme aux exploitants d’être en sécurité et de permettre d’être productifs.

Avec un budget de 375.600 € HT pour les trois associés du Gaec, le prix du m2 est de 560 €/m2 avec de l’auto-construction (abords de la cuverie et canalisation) et une subvention de 90.000 € HT. A l’étude à présent, un local de stockage bouteilles, à proximité ou indépendant.

Phytobac à toit roulant mais tôle réfléchissante

Avec 22,7 ha de vignes principalement sur la côte Chalonnaise, le Domaine des Murgers a construit à côté de son cuvage, une aire de lavage (2014) équipée d’un Phytobac. Si la plateforme de lavage est « simple » de l’aveu même d’Eric Davanture, l’aire est toutefois équipée d’un système trois voies – avec dégrilleur et déshuileur - pour pouvoir également laver une machine à vendanger, même si les trois frères ne s’en sont pas servis encore puisque le Gaec privilégie toujours les vendanges manuelles. Ils réfléchissent par contre à « remettre une cuve intermédiaire tampon » car le système a failli se retrouvé « noyé ». Ne dépassant du sol que de 60 cm, le Phytobac est « un peu bas » et les eaux de pluie dévalent le coteau. L’aire est reliée en directe à un système d’aspersion dans le champs (400 m2) adjacent. Un système de toit sur roulette recouvre le Phytobac, rempli de paille et de terre. Ces composants permettent une bonne vie microbienne. « En été, quand il fait très chaud et que je suis sûr qu’il ne va pas pleuvoir, j’enlève le toit. C’est là que cela s’évapore le mieux. J’aimerai bien également en mettre un transparent ou même en fibro de hangar semi-transparent », explique Eric, qui a constaté que sa tôle blanche renvoi le soleil ce qui ralentit l’évaporation. Aire plus Phytobac ont coûté 23.000 € HT, bénéficiant dessus de 40 % d’aides PVE.

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