Actualité Economie Elevage Bovin Allaitant Lait

Dans le cadre des Etats généraux de l'Alimentation, la filière bovine a rendu sa copie et envisage d'accompagner la montée en gamme dans le contexte hautement concurrentiel du marché

Dans son plan de filière, la filière bovine entend accompagner la montée en gamme de la viande française, mais aussi permettre une meilleure répartition de la valeur entre les différents acteurs tout en répondant aux attentes des consommateurs. Détails.

La filière s’est attachée à répondre aux attentes des consommateurs sur le respect du bien-être animal, de l’environnement mais aussi sur la qualité de la viande proposée.

Dans la filière viande bovine, le plan de filière demandé par le Gouvernement dans le cadre des Etats généraux de l’Alimentation a été acté le 10 décembre et remis au ministre de l'Agriculture le 15 décembre. Pour construire ce plan et faire avancer la filière, les acteurs se sont appuyés sur le discours prononcé par le président de la République le 11 octobre, lors de la clôture du premier chantier des États généraux de l’alimentation.

L’interprofession a valorisé les travaux réalisés ces dernières années par Interbev pour structurer la filière. Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB (Fédération nationale bovine), confie cependant « qu’avec vingt-et-une familles d’acteurs présentes lors des négociations les discussions n’ont pas toujours été évidentes. Il a parfois été difficile d’acter les propositions finales même si la filière a réussi à poser les choses pour avancer ». La filière bovine viande était en avance sur d'autres filières alors que, depuis 2014 et pour établir une stratégie de filière, Interbev a engagé des concertations des ONG (France Nature Environnement, Fondation Nicolas Hulot, Green Cross France et Territoires et WWF France) et des associations de consommateurs. Ainsi, pour Cédric Mandin, « avoir des ONG et des associations à la table des négociations - ce qui était demandé par le président de la République - n’était pas nouveau pour nous. Nous avons pu nous appuyer sur les travaux réalisés en collaboration avec ces organisations pour faire avancer ce plan de filière ».

Doubler la production de viande AB

Pour répondre aux attentes des consommateurs, la filière souhaite, en cinq ans, doubler les tonnages de viandes bovines produites en agriculture biologique. Pour accompagner la montée en gamme et garantir la régularité de la qualité de la viande, la filière veut retirer du marché la viande issue d’animaux trop maigres (état d’engraissement niveau 1). Cédric Mandin confirme que « cette exclusion permettra aux consommateurs de ne plus être déçus par de la viande de mauvaise qualité ». Interbev envisage également une refonte de la segmentation en deux niveaux. Le niveau de base serait présenté sous le label "Viande de France" et le deuxième niveau sous le Label rouge. Ce dernier devra être démocratisé pour la viande bovine et les critères seraient améliorés pour permettre une montée en gamme, un meilleur respect de l’environnement et du bien-être animal.

Contractualiser…

Comme demandé par le président de la République la filière a également pour ambition d’inverser la contractualisation et la construction du prix, qui devrait ainsi prendre en compte les coûts de production. Elle a donc pour objectif de contractualiser 30 % de la viande vendue en France.  Pour permettre une meilleure répartition de la valeur et un meilleur équilibre la filière propose une meilleure valorisation du haché en limitant les promotions sur ce produit.

Alors qu’actuellement seulement 34 % de la viande vendue en restauration hors foyer est d’origine française le plan de filière propose que, dans 10 ans, 80 % de la viande soit d’origine française.

Services

Recevoir la newsletter