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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 31-2018

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l’analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie : L’ambiance commerciale est tendue au cœur de l’été avec une consommation estivale qui est loin des attentes des éleveurs et des abatteurs. Les principales raisons de cette chute des achats sont les épisodes caniculaires qui entrainent un effondrement des ventes. Cette période de l’année est toujours très sensible avec les nombreux départs en vacances, mais voir des entreprises d’abattage congeler des entrecôtes à la saison est une première. De nombreux fournisseurs ont vu une partie de leurs commandes s’annuler en fin de semaine. Les abattoirs tournent au ralenti et ne travaillent que ce qu’ils peuvent vendre. Cette situation est inquiétante, car un nouvel épisode caniculaire (plus important) est annoncé pour le week-end prochain avec des températures qui vont varier entre 35 et 40°C. C’est la vague de chaleur observée sur toute l’Europe qui nous atteint. La sécheresse que cette situation va engendrer, risque de faire sortir des animaux sur le marché à une période où la consommation n’est pas au rendez-vous. C’est ce qui se passe au nord de l’Europe, engendrant une dégradation du prix de la viande, avec un impact direct sur les opérateurs qui ne jouent pas la préférence française et qui continuent leurs importations pour servir la RHF ou les restaurants des zones de vacances.

Sur le terrain, l’offre reste pour le moment assez modeste sur l’ouest ainsi que sur le nord et l’est du pays qui sont dans les moissons. La tension est un peu plus forte dans le centre où les disponibilités se montrent en progression face à la sécheresse qui touche certaines régions. Malgré le recul des achats, les tarifs ont très peu évolué dans les bonnes femelles charolaises ou les limousines de qualité bouchère. La tendance se durcit dans les charolaises et les allaitantes de choix secondaire, avec des tarifs qui se maintiennent avec plus de difficulté. La vente est plus sélective au détriment des animaux bas de gamme, trop légers ou manquants de finition qui ne trouvent plus preneurs dans le maigre, face à la raréfaction de la nourriture dans les herbages.  En réformes laitières, les tarifs se maintiennent dans les bonnes vaches frisonnes, et montbéliardes, mais les vaches maigres ou sans viande (P-) restent pénalisées. En jeunes bovins, la demande export est modeste et les tarifs sont reconduits.

Bovins d’embouche et d’élevage : Les sorties restent étoffées pour la saison avec des éleveurs qui cherchent à décharger les prairies qui jaunissent sous le feu du soleil. L’écoulement reste encore assez régulier dans les bonnes femelles lourdes, recherchées par les engraisseurs spécialisés qui apportent un aliment de finition. Le bétail entre deux viandes a déjà un peu plus de mal à trouver preneur même si on n’observe pas d’incidences sur les prix. Les difficultés d’écoulements sont marquées dans les animaux maigres et longs à finir.

Broutards : L’activité commerciale demeure assez régulière face aux faibles disponibilités sur la seconde moitié de juillet et avant la traditionnelle trêve des quinze premiers jours d’août où grand nombre d’exportateurs et engraisseurs seront en congés. Même si les besoins ne sont pas très importants, les acheteurs sont présents sur les marchés et la modestie de l’offre notamment sur les cadrans permet un écoulement assez régulier dans les bons taurillons ou pour les broutards lourds et préparés pour l’export. La chute du commerce en Italie est en revanche inquiétante pour les ventes à la rentrée. Les transactions sont plus compliquées et sélectives dans les animaux de second choix ou trop âgés, peu sollicités par les acheteurs. En laitonnes, la demande reste présente permettant une vente assez active dans les bonnes charolaises vaccinées pour l’export. Le placement reste très calme pour celles de choix ordinaire, destinées à l’export sur l’Espagne.

Veaux d’élevage et d’engraissement : Les apports sont plus étoffés avec une forte proportion de veaux laitiers sur les marchés, et avec une qualité en fort repli après la canicule de la semaine passée. L’activité commerciale est très tendue avec des intégrateurs qui accentuent la pression sur les prix dans les veaux frisons, abondances et montbéliards avec un tri sévère à l’encontre des veaux de moindre conformation. Les veaux de moins 45 kg sont invendables. La dépression commerciale est marquée dans les croisés avec des écarts de valorisation très importants entre la grande masse des veaux R et O et ceux de bonne conformation (U) peu nombreux.

Ovins : La canicule frappe la viande ovine comme tous les produits carnés. Les disponibilités sont plus importantes sur les marchés avec la sécheresse qui impacte beaucoup sur le manque de finition des agneaux. La tendance est baissière notamment sur la marchandise commune qui se retrouve confrontée à une offre à l’import souvent de qualité et beaucoup plus faible en prix. Les agneaux lourds sont mieux demandés de la part des opérateurs qui font de l’avance pour l’Aïd-El-Kébir (22 août). En brebis, les transactions sont très fluides, avec une demande accrue à l’export sur l’Italie. Les cours demeurent fermes dans les bien conformées de plus de 60kg. En revanche, la vente est plus difficile dans les légères qui restent sur le marché intérieur avec des tarifs en baisse.

Porc : La demande souffre de la canicule avec des consommateurs qui se désintéressent des produits carnés. Le prix du MPB n’a pas évolué sur la semaine, avec un cours qui reste à 1,223€.

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