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La filière bio française répond à la dynamique demande des marchés

Avec une croissance de la consommation en produits biologiques de 21 % en 2016, la filière bio connait une dynamique sans précédent que reflète bien le maillon de la production agricole : entre 2015 et 2016, les surfaces cultivées en bio ont progressé de 17 % et le nombre d’exploitations a augmenté de 12 %

Face à une consommation de produits biologiques en hausse de 21 % en 2016, « il y a une capacité très forte de l’agriculture française et des acteurs du territoire à répondre à cette dynamique », a estimé Florent Guhl, directeur de l’Agence bio, en présentant le 23 mai les derniers chiffres de la filière. En 2016, les surfaces cultivées en bio représentaient 1,5 million d’hectares (dont un tiers en conversion), soit 17 % de plus qu’en 2015, portant la surface agricole utile à 5,7 % de la surface agricole totale française. La filière mise aujourd’hui sur une progression de + 20 % de la surface en 2018. Le nombre d’exploitations en agriculture biologique atteint 32 264 (+12 %) soit 7,3 % des exploitations agricoles de l’Hexagone.

Une croissance dans tous les secteurs

Toutes les filières bio sont concernées par l’accélération des conversions. Les grandes cultures connaissent depuis deux ans une forte dynamique – 70 000 hectares étaient en première année de conversion en 2016 – tout comme l’élevage bovin (laitier comme allaitant) qui représente un quart des nouveaux agriculteurs engagés en 2016. L’ensemble des filières d’élevage sont cependant concernées : on constate ainsi une augmentation de + 23 % de brebis en ovin laitier, et + 12 % en volaille (volaille de chair et poules pondeuses). A noter que le secteur laitier n’a pas souffert du contexte de fin des quotas et connaît des conversions toujours massives : + 19 338 vaches laitières et + 299 fermes engagées en bio en 2016. Les régions les plus concernées se situent dans les bassins traditionnels laitiers (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie, Auvergne Rhône-Alpes, Grand Est). D’une façon générale, la dynamique de conversion s’est poursuivie dans les régions où l’engagement en bio est historiquement fort, comme sur la façade Atlantique, et dans le Sud de la France. Certains départements comptent désormais plus de 1000 exploitations en agriculture biologique, à l’exemple du Gers ou de la Drôme. Néanmoins, certains des départements les plus en retard sont entrés dans la production biologique de façon très forte en 2016, à l’image des Landes ou la Moselle.

Une filière génératrice d’emplois

Cette forte dynamique est d’autant plus positive qu’elle est créatrice d’emplois sur les territoires. Ce qui commence dans les exploitations : l’agriculture biologique compte ainsi 11 % de l’emploi agricole (77 756 emplois en équivalent temps plein), une part plus importante qu’en conventionnel en raison de la forte prévalence des exploitations dédiées aux fruits, aux légumes et à la vigne, ainsi qu’à la transformation à la ferme, plus fréquente. L’aval de la filière compte par ailleurs 38 200 emplois, dont 12 800 emplois dans la distribution, 1600 emplois dans la distribution au stade de gros, et 23 800 emplois pour la vente au détail. 2000 emplois sont également créés par la filière dans les domaines du conseil, de la formation, des contrôles. Le succès croissant des produits biologiques, dont 71 % sont « Made in France », devrait conforter la tendance dans les prochaines années. En 2016, la consommation des ménages s’est en effet accélérée avec 6,736 milliards d’euros, et 411 millions d’euros (HT) d’achats de produits bio ont été servis en restauration hors domicile, et la progression devrait se poursuivre puisque de plus en plus de collectivités territoriales approvisionnent leurs cantines en produits bio et locaux.

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