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Les produits de qualité, générateurs d’emploi selon l'Anefa

Si les produits de qualité sont générateurs d’emploi, les producteurs ont parfois du mal à trouver les compétences nécessaires et à faire reconnaître les atouts du métier, ont estimé les intervenants d’une table-ronde organisée le 27 février par l’Anefa.

Les produits de qualité sont-ils générateurs d’emploi ? Oui, ont répondu les différents intervenants de la conférence organisée le  27 février par l’Anefa, l’Association Nationale pour l’Emploi et la Formation en Agriculture, à l’occasion du salon de l’agriculture. « Lorsque je me suis engagé pour faire reconnaître le Rocamadour en appellation d’origine, j’y voyais surtout la protection, puis j’ai compris que c’était un formidable outil d’aménagement du territoire, de développement agricole », témoigne Dominique Chambon, éleveur de chèvres et producteur de Rocamadour. Sur son exploitation de 550 chèvres, 11 personnes travaillent. De 350 tonnes de Rocamadour en 1996, avant la reconnaissance en AOP, la production du département est passée à 1300 tonnes, un développement important qui génère de l’emploi. Même opinion pour Gérard Guyot, éleveur de vaches pour l’AOP Comté : « au village, l’atelier de fabrication tourne tous les jours (…). Quand les agriculteurs gagnent de l’argent, ils investissent et cela fait vivre le territoire, l’agroéquipement, le bâtiment… », développe-t-il. De son côté, Philippe Jean, producteur de carottes et de poireaux label rouge en Normandie explique que sur des petites exploitations comme la sienne (75 hectares, contre plusieurs centaines d’hectares pour les producteurs de carottes dans les Landes par exemple), « on cherche la valorisation de nos productions », ce qui passe par davantage de main d’œuvre pour travailler les produits et réponde aux cahiers des charges. Son exploitation emploie 10 salariés.

Difficulté à recruter

Pour Nicolas Lassalle, éleveur de vaches allaitantes pour le Label Rouge boeuf Gascon, le problème est surtout de trouver des salariés motivés pour un travail qui demande un certain investissement. « Je ne demande pas quelque chose d’intensif, mais je veux que l’on parle à mes animaux, qu’on leur consacre du temps », explique-t-il, reconnaissant avoir du mal à trouver des salariés en France aujourd’hui, pour un travail qui exige de se lever tôt et d’aimer la solitude. Une solution selon lui est de travailler avec les lycées professionnels et de trouver des gens passionnés. Pour plusieurs intervenants, la formation reste la clé pour avoir des salariés performants. Au-delà de l’apprentissage, qui reste une voie royale selon eux, il faut aussi communiquer sur le besoin en compétences, alors que le matériel est de plus en plus complexe. Une valorisation du métier qui doit aussi passer par la mise en avant du maillon de la production : pour Pierrick Régnier, commercial dans un élevage de vaches laitières qui transforme la production en yaourts, « on ne valorise pas assez ce qu’on fait en amont ». Cette valorisation de la production permettrait ainsi de redorer l’image des métiers de l’agriculture. D’autant que de l’autre côté de la chaîne, « les employés ont plus de plaisir à travailler quand ils aiment les produits », estime Thomas Paris, boulanger à Paris. D’ailleurs pour Eric Briffard, chef exécutif des Arts culinaires, « le côté paysan a toujours été quelque chose de positif à valoriser. Il faut continuer à valoriser la production et la qualité des produits français et surtout, transmettre aux jeunes tout ce patrimoine », affirme-t-il.

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