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Club Atout miel

L’éveil à l’abeille

Rédigé le 25/03/2017

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Après seulement quatre années d’existence, le club Atout Miel –lancé par Bourgogne du Sud en 2013– est un franc succès. Avec, désormais, plus de quatre-vingt adhérents. Retour.

Alors que la France continue de perdre ses abeilles quand d’autres pays développent leur cheptel, à situation environnementale comparable, force est de constater que 2016 aura été une année noire pour l’ensemble de la filière. La production nationale s'est effondrée à 8.000 tonnes. Face à ce constat et une situation préoccupante depuis de nombreuses années, plusieurs initiatives tendent à inverser une situation pour la moins inquiétante.
Ainsi, en septembre 2013, était créé le club Atout Miel. Avec, dès le départ, une dizaine d’adhérents, comprenant surtout des techniciens, mais aussi un apiculteur formateur dans un rucher école. Aujourd’hui, la structure compte environ quatre-vingt adhérents, qui disposent ou non de ruches, sur toute la zone de la coopérative Bourgogne du Sud, de Tournus à Montpont-en-Bresse en passant par Beaune ou encore Santenay. Soit un rayon d’une quarantaine de kilomètres. Succès oblige, le club voit chaque année de nouveaux adhérents s’inscrire. Ils étaient ainsi neuf rien que pour le dernier exercice. « Tout le monde peut adhérer » précise Pascal Nicolle, l’un des deux responsables avec Patrick Cymeris. « A la base du club, il y a les problèmes constatés au niveau des abeilles avec une baisse de la production dans l’hexagone. La volonté du club est, au départ, de former à l’apiculture pour comprendre et aussi avoir un dialogue avec les apiculteurs ».

Théorie et pratique

Disposant de deux ruchers principaux à Verdun-sur-le-Doubs, avec douze ruches, et à Corcelles-les-Arts, avec dix ruches, plus deux ruchers secondaires à Puligny et à Givry, le club propose d’assister à des séances théoriques en salle en hiver sur des sujets aussi divers que la vie de l’abeille, ses besoins, le fonctionnement d’une ruche, la production de miel, la manière d’installer une ruche, le matériel, les maladies et les traitements. Plusieurs formations sont également dispensées sur le terrain. L’occasion, par exemple, d’apprendre à reconnaître une reine et les ouvrières. « Tout est gratuit. Il est important de pouvoir se parler entre agriculteurs et apiculteurs. Au sein du club, nous avons une vingtaine d’agriculteurs et de viticulteurs qui disposent de ruches. Ils font de réels efforts et en font faire à leurs collègues au niveau des traitements par exemple ».
Pour plus d’informations, par courriel aux adresses suivantes : p.nicolle@bourgognedusud.coop ou p.cymeris@bourgognedusud.coop



[titre_encadre]Mortalité des abeilles
Les vraies causes[/titre_encadre]

Les conclusions 2015 du dispositif de suivi des troubles d’abeilles effectuées par les services du ministère de l’Agriculture sont claires et sans ambiguïté : les facteurs sanitaires et nutritionnels expliquent les mortalités. On peut hiérarchiser les facteurs par importance. En premier lieu les pathologies, suivent les pratiques apicoles, puis le manque de ressources alimentaires et, seulement, les produits phytosanitaires. L’analyse du bilan annuel des enquêtes est riche d’enseignements. Ces enquêtes font suite aux signalements de mortalités aiguës de colonies. En 2015, 195 alertes dans cinquante-deux départements ont été enregistrées, Près de 4 enquêtes sur 10 ont conclu à la responsabilité certaine de pathologies expliquant les mortalités observées. C'est essentiellement l’insuffisance, voire l’absence complète, de lutte contre le varroa qui explique cette situation. Si une large majorité d’apiculteurs gèrent avec soin et attention leur cheptel, les mauvaises pratiques perdurent, expliquant 14 % des mortalités. On pense à la lutte contre le varroa avec des produits acarides non homologués ou des remèdes de grand-mères faits maison, à de mauvaises préparations de l’hivernage, à des couvains refroidis, à des pénuries alimentaires et dépopulations en sortie d'hiver. La famine est un autre facteur préoccupant. Il faudrait mettre en œuvre des mécanismes pour favoriser le développement d’une ressource alimentaire adaptée aux besoins des abeilles, en quantité suffisante tout au long de la saison, avec une diversité d’espèces et une qualité nutritive des pollens élevée. Outre les jachères, les éléments du paysage à mobiliser sont multiples : haies, lisières forestières, bords de champs, bandes enherbées le long des cours d'eau... La responsabilité des produits phytosanitaires par des intoxications ayant conduit à des mortalités d’abeilles apparaît comme très réduite, ne concernant que 4 % des cas de mortalité.[/texte_encadre]

Régis Gaillard

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